Journal de bord : J1

Publié le par clypss.over-blog.com

Vendredi 30 mars 2012

 

PARIS … DAKAR

 

Départ de l’aéroport Roissy CDG 7H20 / Arrivée Dakar 11H30 (heure locale).

Ndakaru, comme on appelle ici celle qui est la capitale du Sénégal depuis le 4 avril 1960, date de l’indépendance de la république sénégalaise. SAM 0035

 

Nous débarquons impatients de découvrir ce pays, à l’aéroport international Léopold Sedar Senghor de Dakar. Nous comprendrons plus tard à quel point Senghor est une figure emblématique notamment de la francophonie au Sénégal. A la fois poète, écrivain et homme d'État (il a été le premier président de la République du sénégal de 1960 à 1980, il fut aussi le premier africain à siéger à l' Académie française.

 

Première rencontre avec le … climat : à notre descente d’avion la température agréable et douce de 22° nous surprend quelque peu mais nous allons vite comprendre qu’il existe ici plusieurs domaines climatiques et que les variations de température peuvent être très importantes entre le littoral et les côtes.

 

A l’aéroport nous sommes accueillit par celui qui va être notre guide et chauffeur pendant toute la semaine : David, « Daouda » ici car comme 94% de la population sénégalaise il est de confession musulmane. Dans le reste de la population il y a majoritairement des chrétiens et quelques animistes. David nous explique que toutes les religions cohabitent très bien ici et que le Sénégal est très souvent cité comme modèle dans le dialogue islamochrétien.   

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Nos valises chargées sur le toit du mini bus de Daouda, nous prenons la route pour 77 kms vers le Sud, direction La Somone.

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En route nous traversons la banlieue de Dakar, une ville qui semble en chantier, ou se mêlent de grands immeubles en construction et de petites cases colorées. Partout résonnent les klaxons des voitures, des cars rapides surchargés dont les chauffeurs se soucient peu du respect du code de la route, des taxis-brousse, des bus et au milieu de ce vacarme d’improbables charrettes tirées par des chevaux et chargées de matériaux en tout genre.  Nous ne nous imaginons pas encore que ces charrettes seront bientôt notre moyen de locomotion principal en brousse…

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Des grigris de toutes sortes ornent les différents transports. La plupart des sénégalais en portent comme Daouda qui a une bague grigri avec un verset du coran dont il ne se sépare jamais. Elle lui a été remise lors de sa cérémonie de circoncision. Il nous raconte ce rituel qui fait des petits de grands hommes et dont l’initiation (qui doit rester secrète) se fait en brousse pendant 7 jours et 7 nuits avec un maître d’initiation…

 

Partout sur les façades couvertes de publicité en tout genre, se tiennent les affiches des deux candidats finalistes à la campagne présidentielle qui vient tout juste de donner victoire il y a 5 jours à Macky Sall contre le président sortant Abdoulaye Wade et qui a définitivement clos les débordements engendrés par les partisans des deux camps durant ces dernières semaines.

 

Déjà nous en prenons plein les yeux avec les boubous colorés portés fièrement par les sénégalaises, les tenues locales en batik qui sont des tissus colorés obtenus en utilisant de la cire.

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Il y a du monde partout au bord des routes, des laveurs de voiture, des cireurs de chaussures, des bana-banas (vendeurs à la sauvette) qui brandissent des sachets de cacahuètes, qui proposent des fruits ou plus surprenant pour nous, de l’eau en sachet.

 

On croise entre les voitures des poules, des moutons, des ânes qui semblent perdus dans la folie urbaine.

Au bord des routes les échoppes des commerçants débordent parfois sur la chaussée et proposent multitude de fruits et légumes sur leurs étals colorés : bananes, petites oranges, aubergines, courges, gombos (sorte de cornichons), pain de singe, bissap, manioc, igname… Pas de prix affichés, ici tout se négocie. 

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Peu à peu on s’éloigne de la ville et on découvre les premiers paysages de brousse et les grandes plaines sénégalaises semi-désertiques où trônent les majestueux baobabs géants et où quelques zébus animent le paysage. Nous traversons quelques villages  traditionnels avec des  cases faites de paille, de terre et de bois et croisons nos premiers sourires d’enfants qui crient « toubabs ! toubabs ! » en nous voyant. Ce terme qui signifie « blancs » pour eux vient du temps des colonies : il s'agit d'une déformation du mot "toubib" et rappelle qu'à l'époque, les colons français étaient les seuls médecins du pays.

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Après 2H de route, nous arrivons enfin à La Somone où se trouve la maison dans laquelle nous allons loger pendant 8 jours.

La Somone est un petit village de pêcheurs situé sur la petit côte loti au cœur d’une magnifique lagune classée réserve naturelle ornithologique.

Ce petit village est apprécié car loin de l’agitation touristique de Saly à 5 km qui n’a pour les sénégalais plus rien à voir avec ce qu’est le Sénégal... Ici pas de grands complexes hôteliers mais des campements, des maisons en location pour les touristes où sont employés des locaux et où quelques français ont élu domicile, les « sénégaulois » comme on les appelle ici.

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Nous nous installons dans la maison, fatigués par le voyage et la chaleur qui est plus tropicale ici et faisons connaissance avec Morcumba qui habite sur place. Tout comme David, Morcumba est musulman, mais nous comprenons vite au vu de leurs riches échanges politiques qu’ils n’ont pas la même opinion concernant l’élection du nouveau président. Par contre ils ont une passion commune : la lutte, le sport national au Sénégal.

  

Nous entamons ensuite une petite visite des alentours jusqu’à la plage sauvage de La Somone. L’océan Atlantique y est agité et l’eau très fraîche. Quelques enfants jouent sur le sable, quelques sénégalais font leur jogging. On aperçoit un peu plus loin les pirogues colorées servant à la pêche fabriquées à partir de troncs de fromagers (aussi appelés kapokier en référence à son fruit longiligne : le kapok), ces arbres immenses et imposants qui avec les baobabs constituent l'essentiel de la flore arboricole de cette région du Sénégal. 

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De retour à la maison et pour notre premier dîner nous avons la visite d’un griot.

Les griots sont des musiciens et poètes ambulants, dépositaires de la tradition orale. Ils contribuent à la diffusion de la culture traditionnelle africaine. Nous passons notre soirée à ses côtés à écouter ses chants mélodieux et rythmés accompagnés par un cora, une sorte de harpe à 21 cordes et dont la caisse de résonance est creusée dans une calebasse.   086083.JPG073

 

Une première journée déjà très riche en découvertes s'achève et nous sommes tous touché par l'hospitalité sénégalaise... 

Wendy Moutama

  

Publié dans Descriptif de l'action

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